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el watan - Constantine : Pr Nasser Djebbar. Département d’histoire à l’université Abdelhamid Mehri Constantine 2 Nous devons édifier un pôle hirakiste universitaire national

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Après la naissance de la Coordination des universités de Constantine pour le hirak (CUCH), quelles sont les étapes à suivre pour faire exister ce cadre fédérateur et lui éviter le même sort que la première coordination  ?

Les conditions de la création de la nouvelle coordination n’ont rien à voir avec celles ayant contribué à la naissance de la première. La coordination Karama, puisque c’est d’elle qu’il s’agit, a été créée dans la deuxième semaine du mouvement du 22 février, c’était trop tôt.

La CUCH a pris forme au bon timing. Après plus de trois mois, le hirak a gagné en maturité et les enseignants des différents campus et écoles ont eu le temps de mieux se connaître. La peur de l’émergence de figures et de leaders du mouvement de contestation avec les risques que cela pourrait comporter, notamment les tentatives de récupération ou l’exposition à des pressions de la part de forces occultes, est aujourd’hui moins pesante. La confiance est, pourrait-on dire, totale.

Par ailleurs, au regard de l’évolution du mouvement, il n’est plus permis de compter sur la spontanéité et le volontarisme comme aux premiers temps. Aujourd’hui tout le monde est convaincu de sa participation à un mouvement politique, dans tout les sens du mot.

Et pour que cette dynamique ait plus de poids, elle doit se doter d’un outil pour canaliser les efforts et aller à pas sûrs vers les meilleures solutions. L’université est appelée à jouer un rôle de premier plan, chose qu’elle ne peut faire sans organisation et structuration de ses rangs.

C’est-à-dire créer une coordination, qui, comme nous l’entendons, ne doit pas se limiter aux établissements de Constantine, notre vision est nationale. Nous devons édifier un pôle hirakiste universitaire national et préparer une plateforme politique nationale. Plusieurs universités ont créé leur coordination, cela va nous faciliter les contacts pour mettre en place une synergie.

– Le lieu de rencontre des enseignants de l’ensemble des universités et écoles, soit l’amphi 300 de l’université Constantine 3, est fermé et n’abritera plus ces AG. Comment la coordination compte-t-elle surmonter ce désagrément ?

Le mouvement hirakiste universitaire, comme son nom l’indique, est constitué exclusivement d’universitaires (étudiants et enseignants). Et il est dans ses droits les plus absolus de se réunir à l’intérieur des établissements universitaires. Pour ce qui est de l’espace, précisément, nous sommes souples et flexibles, nous nous réunirons dans les endroits disponibles.

– Quelle est votre évaluation de ce mouvement, après une démobilisation relative pendant le Ramadhan ? Reprendra-t-il son élan d’avant ?

Il faut plutôt poser la question aux rectorats des universités qui sont restés muets sur les absences générales des cours, surtout après le vote de la reprise. Quant au mouvement, il n’y a pas eu de démobilisation pendant ou à cause du mois sacré de Ramadhan, les marches du mardi ont toutes été tenues. Les citoyens de Constantine et les forces de sécurité peuvent en témoigner.

– Les conditions de la reprise des cours ont-elles été respectées par L’administration ?

La reprise a été décidée par les hirakistes. Les cours ont repris, point à la ligne.

– Le ministère de l’Enseignement supérieur a publié une note prorogeant l’année universitaire jusqu’au 31 juillet pour les universités très en retard dans les programmes en raison de la grève. Qu’en est-il à Constantine ?

Ce qui importe le plus pour les enseignants hirakistes, qui se sont soulevés contre le système et tous les maux qu’il a semés dans notre société, c’est que les normes de la validation de l’année universitaire soient respectées.

Pour notre part, lors d’une rencontre avec les étudiants à laquelle a assisté le vice-recteur chargé de la pédagogie, nous avons soutenu qu’il nous est impossible de valider l’année avant d’atteindre le nombre réglementaire de semaines, soit 13 à 14 semaines. Si pour cela nous devions enseigner jusqu’à la fin du mois de juillet, qu’il en soit ainsi, nous le ferons.

https://www.elwatan.com/pages-hebdo/etudiant/nous-devons-edifier-un-pole-hirakiste-universitaire-national-12-06-2019