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el moudjahid -Alger : Dispositif policier renforcé à Alger : Les étudiants bravent la répression

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Fidèles à leur rendez-vous avec la lutte pour le changement du système, les étudiants ont marché hier, au centre de la capitale, malgré l’imposant dispositif sécuritaire et les brutales rafles policières. Malmenés, violemment embarqués à bord des fourgons banalisés sous les cris de douleur et de colère, ils ont bravé la répression pour battre le pavé en ce 33e mardi de leur contestation.

Totalement assiégé par un imposant dispositif policier, le centre de la capitale a vécu hier des scènes qui ont failli tourner à l’émeute. En ce 33e mardi de contestation estudiantine pour le changement du système, la répression était au rendez-vous. Dès la matinée, de nombreuses interpellations ciblent les premiers étudiants regroupés à la place des Martyrs, d’où devait démarrer la marche.

En plus des contingents du dispositif antiémeute déployé tout autour de la place et le long des quartiers limitrophes, des agents en civil filtrent les passants et interpellent tout étudiant qui refuse d’évacuer les lieux. Les plus récalcitrants sont brutalement encadrés, puis emmenés de force et embarqués à bord des fourgons blancs stationnés à quelques mètres. Vers 10h30, un petit groupe d’étudiants arrivent à se former au niveau de la rue BabAzzoun pour entamer la marche. De nombreux citoyens les rejoignent.

La foule devient un peu plus compacte. Elle paralyse totalement la circulation automobile. Subitement, de nombreux policiers surgissent des ruelles adjacentes. Citoyens et étudiants marchent ensemble sous les cris de «Makach el vote maa al issabate» (pas de vote avec la bande), «Dawlamadaniyamachiaskaria» (Etat civil et non militaire), «Talabaghadiboun, linidhamrafidoun» (Etudiants en colère, ils refusent le système), «Djazairhorrademocratiya» (Algérie, libre et démocratique). Des drapeaux et des banderoles sont hissés. Les policiers tentent de disperser les quelques dizaines de manifestants en sommant les automobilistes à passer au milieu.

A quelques mètres de l’Opéra, une colonne d’éléments antiémeute coupe le passage. Les cris de colère s’élèvent : «Ahnatoulabmachiirhab» (Nous sommes des étudiants et non pas des terroristes), «Silmiyasilmiya !» (Pacifique, pacifique), «Makach al vote maa Bedoui et Bensalah !» (Pas de vote avec Bedoui et Bensalah). Des agents en civil surgissent et procèdent simultanément à l’arrestation de trois étudiants. Ces derniers résistent sous les cris de douleur. Ils tombent par terre, mais les policiers les prennent brutalement. La scène est choquante. Elle suscite la panique. La foule se disperse en courant dans tous les sens, provoquant de violentes bousculades.

Les pleurs, les sanglots et les crises d’hystérie durent plusieurs minutes avant que le quartier ne soit évacué. Les plus téméraires des manifestants se retrouvent à l’avenue Larbi Ben M’hidi, une rue commerçante où les magasins n’ont pas baissé rideau. Un immense drapeau est hissé très haut par un homme, d’une cinquantaine d’années, entouré par quelques dizaines d’étudiants téméraires qui scandent : «Makach el vote maa al issabate !» (Pas de vote avec la bande). Le groupe grossit au fur et à mesure qu’il longe l’avenue, bloquant totalement la circulation automobile.

De nombreux passants rejoignent la manifestation et, d’une seule voix, ils répètent sans arrêt : «Djazairhorradémocratiya !» (Algérie libre et démocratique). Femmes, hommes, enfants, jeunes et moins jeunes marchent côte à côte pour réclamer le départ du système. Quelques pancartes sont brandies : «Système dégage», «Nous ne voulons pas de ceux qui ont tété la mamelle de Boutaflika», «Non au pouvoir des bandes», «Non au régime militaire», «Non à la répression», «Pour une Algérie forte et plurielle».

 

 

 

 

https://www.elwatan.com/edition/actualite/les-etudiants-bravent-la-repression-09-10-2019