1. Skip to Menu
  2. Skip to Content
  3. Skip to Footer>

el watan - Alger : Prouesse neuro-scientifique L’implant cérébral du Pr Benabid fait ses preuves

PDFImprimerEnvoyer

Des chercheurs français, dirigés par Alim-Louis Benabid, professeur émérite d’origine algérienne, ont mis au point un procédé qui permet à un paralysé de marcher. Des implants détectent les signaux cérébraux et les traduisent en mouvements avec l’ordinateur. Cette prouesse, réalisée par l’équipe de recherche de l’université Grenoble Alpes et le centre de recherche biomédicale Clinatec de Grenoble, ouvre d’importantes perspectives pour les tétraplégiques.

Le prototype, issu de dix ans de recherches de plusieurs équipes, repose sur des électrodes implantées dans le crâne, qui vont «capter les signaux envoyés par le cerveau et les traduire en signaux moteurs», décrit le professeur Benabid.

Chez les paralysés des quatre membres suite à une fracture de la colonne vertébrale, «le cerveau est toujours capable de générer les ordres qui habituellement font bouger les bras et les jambes, mais il n’y a personne qui les exécute», poursuit le spécialiste de neurochirurgie, auteur principal d’une étude publiée, vendredi dernier, dans The Lancet Neurology. Les blessures de la moelle épinière entraînent une tétraplégie (paralysie des quatre membres) chez environ 20% des patients.

Le cas de Thibault, Le jeune homme, à qui on a implanté les électrodes, est une «preuve de concept» : les chercheurs ont montré qu’il était possible de capter correctement cette activité électrique de façon continue et de la transmettre quasiment en temps réel et sans fil vers l’ordinateur qui les décode. Mais le chemin est encore long avant de pouvoir utiliser cet exosquelette dans la vie de tous les jours.

Un autre patient se verra implanter les électrodes en novembre, suivi de deux autres dans les prochains mois, précise le Pr Benabid. La suite de l’essai clinique permettra d’acquérir la capacité de saisir un objet avec la main ainsi que d’améliorer l’équilibre de l’exosquelette, le gros point faible de tous les robots de ce type. «Cela nécessite des calculs très lourds et des temps de réaction très rapides, sur lesquels on est en train de travailler, en utilisant l’intelligence artificielle», explique le chercheur.

Dans un premier temps, cette interface pourrait permettre d’ici quelques années aux personnes tétraplégiques de diriger leur fauteuil roulant ou de guider un bras motorisé, qui améliorerait considérablement leur autonomie, espère-t-il. «Ce n’est pas du transhumanisme  : on répond à un problème médical, un corps humain qui a été blessé et qui a des déficits. On est dans l’‘homme réparé’’ et pas l’‘‘homme augmenté», insiste le professeur, renommé notamment pour ses travaux sur la stimulation cérébrale profonde et la maladie de Parkinson qui ont permis la mise au point de la technique de «Stimulation cérébrale profonde (SCP)» permettant la réduction des troubles moteurs engendrés par la maladie.

Il a eu à intervenir, dans ce cadre, au cours de sa brillante carrière de médecin, sur des cas notoires comme celui de Mohamed Ali, Reagan, Mandela, Chirac, Giscard et plein d’autres personnalités politiques, sportives et artistiques. Le Pr Alim Louis Benabid a reçu plusieurs distinctions, dont les dernières ont été le prix Lasker en 2014, le James Parkinson Award et le prix Victor HorsleyAward en 2007.

En 2008, il obtient le prix de l’American Academy of Neurology’sMovementDiscordersResearchAward. Huit années avant, il reçoit le prix Claus Joachim Zülch de la GertrudReemtsmaFoundation de Cologne en Allemagne, ainsi que la distinction du Scientific Award 2000 de l’International Neurobionics. En 1993, il obtient le prix Dehomag pour la robotisation et le prix Electricité et santé de l’EDF, un an plus tard. Il convient de noter que le Pr Benabid et le fils du docteur Ahmed Benabid, médecin du Gouvernement provisoire de la République algérienne (Gpra) et compagnon de route du colonel Amirouche.

 

https://www.elwatan.com/pages-hebdo/etudiant/limplant-cerebral-du-pr-benabid-fait-ses-preuves-09-10-2019