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el watan - Alger : Tension à l’ESCF Canstantine : Le ministère réagit, sans empêcher le pourrissement

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Les événements s’accélèrent à l’Ecole supérieure de comptabilité et des finances de Constantine (ESCF). L’article publié dans l’édition de mercredi dernier du «Supplément Etudiant» sur la situation qui y prévaut depuis des semaines n’est pas passé sans provoquer une réaction au ministère de l’Enseignement supérieur.

Ce dernier a dépêché, le lendemain, une responsable pour enquêter sur les faits rapportés, notamment les revendications des enseignants exigeant le départ du directeur, accusé, selon eux, d’avoir mené à la dégradation des conditions pédagogiques et au recul jugé effroyable du classement de l’ESCF à l’échelle nationale. Cette cadre du ministère qui a fait le déplacement par route, dans la matinée de jeudi dernier, depuis Alger, a rencontré des enseignants de l’ESCF qu’elle a longuement auditionnés, après avoir tenu une rencontre avec le directeur de l’école, a-t-on appris de sources fiables.

Le personnel administratif a été également présent aux auditions par le biais d’un représentant. Alors qu’on croyait que les choses iraient vers l’apaisement, dans l’attente d’une intervention de la tutelle, les enseignants ont été surpris par des convocations transmises par un huissier de justice pour se présenter devant le tribunal administratif.

«Nous avonsw appris que le directeur a déposé plainte contre nous en justice en référé, nous accusant d’avoir manipulé les étudiants en les incitant à mener une grève à l’école, alors que nous n’avons aucune relation avec ce problème ni de près ni de loin ; les étudiants ont décidé de mener seuls cette grève et ils ont leurs raisons et leurs revendications ; pour notre part, nous n’avons jamais appelé à cette grève, et nous n’avons jamais été en grève ; nous avons seulement saisi la tutelle pour demander le départ du directeur en leur expliquant la situation qui prévaut depuis des semaines à l’école», ont précisé des enseignants de l’ESCF à El Watan.

Cette mesure semble même pousser au pourrissement, puisque les étudiants ont réagi en tenant, dimanche matin, un sit-in devant le cabinet du wali de Constantine, réclamant le départ du directeur. Ils ont choisi de transmettre leur message aux autorités, surtout que le même jour, le ministre de l’Enseignement supérieur était à Constantine pour une visite de travail.

Cependant, les choses ont vite pris les allures de ce qui semble être un acte de représailles qui ne fera qu’accentuer la tension à l’ESCF. Lundi matin, les enseignants se sont dits surpris par la décision du directeur de cadenasser les deux portes de l’école, ne laissant ouvert que le passage pour piétons, les empêchant ainsi d’y accéder avec leurs véhicules. «Au lieu d’œuvrer pour l’apaisement et trouver des solutions aux problèmes posés par la voie du dialogue, le directeur a opté pour l’escalade en nous fermant les accès à l’école comme s’il s’agissait d’une propriété privée», dénoncent des enseignants qui ont pris attache avec El Watan.

Décidément, la situation se complique et les signes apparents n’augurent rien de bon. Pour rappel, l’ESCF connaît depuis quelque temps une vive tension. Les étudiants sont actuellement à leur 6e semaine de grève. Les salles de cours sont désertes. «Nous avons établi des PV d’absence suite à la demande de la cadre dépêchée par le ministère de tutelle, mais le directeur refuse de le reconnaître», soutiennent les enseignants.

Notons que ces derniers ont adressé le 10 novembre dernier une requête au ministre de l’Enseignement supérieur portant une longue liste de griefs retenus contre le premier responsable de l’école. Ils demandent une intervention urgente du ministre, réclamant le départ définitif du directeur et son remplacement par un cadre qui soit économiste de formation et plus apte à prendre en charge la gestion pédagogique et administrative de l’ESFC, avant que celle-ci ne connaisse un naufrage inévitable, selon eux.

 

https://www.elwatan.com/pages-hebdo/etudiant/tension-a-lescf-canstantine-le-ministere-reagit-sans-empecher-le-pourrissement-04-12-2019