el watan - Alger : Pr Ahmed Djebbar. Membre fondateur de l’AAST : «La préservation des équilibres naturels non prise en charge»

Jeudi, 07 Novembre 2019

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Le docteur Ahmed Djebbar est membre fondateur de l’AAST. Professeur émérite à l’université des sciences et des technologies de Lille (France), il s’est spécialisé dans la recherche en histoire des sciences et a reçu, en 2006, la distinction de Docteur Honoris Causa de l’université de Roskilde (Danemark). Il est récipiendaire en 2014 du prix Wissamal-‘Alim Al Jazaïri’ (Algérie) et en 2016 du prix David Eugene Smith de la Columbia University de New York.

Propos recueillis par Slim Sadki

 

Le public algérien averti vous connaît pour vos différents engagements, dont celui pour la vulgarisation des sciences. Quelle est la teneur de votre intervention sur l’Islam ?

Mon intervention est de nature historique. Elle traite des problèmes d’environnement, entre le IXe et le XVIe siècles, à travers les différentes sources qui nous sont parvenues  : des textes du corpus religieux et juridique, des ouvrages de géographie et d’histoire, des traités de médecine, etc. Certaines de ces sources montrent que la défense de l’environnement est devenue, au cours des siècles, une sorte de réflexe culturel chez les citoyens.

Mais elles montrent aussi que les politiques successives des gouvernants, toutes tendances confondues, n’ont pas pris en compte la nécessité de préserver les équilibres naturels au niveau de la faune et de la flore. Et ils n’ont pas su assurer une qualité de vie minimale dans les grands centres urbains.

Vous êtes membre fondateur de l’AAST. Des actions de vulgarisation semblables existent-elles dans les milieux académiques ?

Dans le domaine de l’environnement, les milieux académiques, c’est-à-dire en premier lieu les chercheurs (et parmi eux des membres de l’Académie algérienne des sciences et technologies), s’occupent, en priorité, des recherches qui permettent de proposer aux décideurs des solutions aux problèmes de santé publique et d’environnement en général. Ce sont des «lanceurs d’alerte» qui se basent sur de nombreuses observations scientifiques et sur des investigations rigoureuses. Le but étant de rechercher les causes des phénomènes à l’origine des dérèglements que connaît la nature, mais aussi ceux qui perturbent la vie en société. Les résultats de ces recherches sont destinés aux décideurs. Mais c’est aux médias de relayer ces «alertes» en direction du grand public. Et c’est là un rôle primordial qui permet aux citoyens de prendre conscience de ces problèmes d’environnement et d’être concernés par ces problèmes.

Avez-vous une autre suggestion pour permettre une plus grande prise de conscience des problèmes de l’environnement ?

Pour que cet intérêt pour l’environnement soit durable, il n’y a pas mieux que l’école. Dans les manuels de géographie de 3e et 4e années de l’enseignement moyen, il y a des chapitres de sensibilisation à ces problèmes. Il faudrait les multiplier, enrichir les contenus et les accompagner par des activités «sur le terrain» qui responsabiliseraient les élèves, ces citoyens de demain.

 

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